O sole mio

29 mars 2005

Exil

J’en ai vu partir, et je n’avais jamais pensé au jour où ce serait mon tour. Au jour où ce serait la dernière fois.

O ville maudite et adorée, tu vas me manquer. A l’occasion, je prends mémoire de tes murs, de ta brume. Je me souviens de tout ce que j’ai vécu ici… Je n’ai jamais eu tant de mal à quitter une vie.

Je ne suis pas fâchée de laisser les choses qui me lassent. Mais pour le reste, les fils ne sont même pas dénoués que je jette la pelote. Les absents ont toujours tort, n’est ce pas ?

Porter un jugement n’est qu’une façon de se détacher des choses, des gens.

Il suffirait de s’en convaincre. Il suffirait d’oublier, d’y réfléchir, de dire.

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23 mars 2005

Tant qu’il fait jour

J’avais envie d’oublier que je partais, mais plus je lançais le boomerang de toutes mes forces, plus il me revenait vite. Les contrées désolées ou splendides de ma nouvelle vie me sont apparues dans une tension amère. Peut-être que c’est mieux, peut-être que c’est plus grand. J’ai du mal à voir le soleil dans ce nouvel appartement, du mal à espérer. Le changement me serre dans son étau. Peut-être que je n’ai pas tant envie de fermer cette porte de l’extérieur. Trop tard, encore.

     Elle pleure son marin

     Son marin n´est pas le sien

     Elle dit que les vagues sont folles

     Elle dit que les vagues sont folles

     Quand elle chante le fado

     Son chant est un oiseau

    Un oiseau qui s´envole

    Un oiseau qui s´envole

     Sao loucas, sao loucas

     Sao loucas, sao loucas

L’air est doux, ses yeux sont verts. J’essaie d’oublier le mot trouvé sur le comptoir, dont il n’a pas reconnu l’écriture, dont j’ai reconnu la signature. S’il le faut, j’essaierai d’oublier son rire gêné, son odeur, la vue de son appartement au petit matin. J’essaie d’oublier son regard en partant, qu’il ne doit rien comprendre à mon attitude, pas plus que moi à la sienne.

     L´oiseau emporte une prière

     Vers une bouteille à la mer

     Son adresse c´est le grand large

     Son adresse c´est le grand large

     Da rua da riguera

     Au coeur d´Alfama

     On dit que la vieille est barge

     On dit que la vieille est barge

     Sao loucas, sao loucas

     Sao loucas, sao loucas

La maison est vide, les jonquilles, dernier souvenir vivant de sa propriété, se fânent. Les meubles ont été dispersés, brûlés, jetés. J’en ai gardé deux clés, à mettre dans la boîte aux souvenirs. Boîte à tristesse, boîte à tendresse.

    Mais dès qu´elle porte le châle

    Le silence s´installe

    On écoute ses paroles

    On écoute ses paroles

    Elle pose sur ses reins

    Les lignes de ses mains

    Qui se remplissent d´alcool

    Qui se remplissent d´alcool

     Sao loucas, sao loucas

    Sao loucas, sao loucas

La dernière fois que j’ai aimé respirer des mots à ce point, aimer la justesse, date d’il y a trop longtemps. Ce livre parle d’ailleurs et d’ici, la préface est écrite de mon île.

     Alors elle ferme les yeux

     Elle est seule devant Dieu

     Elle n´a peur de personne

     Elle n´a peur de personne

     E dez que ela fecha os olhos

     Sozinha em frente de deus

     A dizer que elas sao loucas

     A dizer que elas sao loucas

     Sao loucas, sao loucas

      Sao loucas, sao loucas

Tant qu’il fait jour, tant que j’y suis, je vais voir la mer et l’objet de mon tracas. Il n’y a plus guère que les goélands pour glisser sur le vent, au mépris de tout ce qu’il porte. Plutôt que de continuer à côté, le regard en arrière, mieux vaut tourner la page. Quand la nuit tombe je m’éloigne, les mains dans les poches.

     Elle donne son chagrin

     Son chagrin n´est plus le sien

     C´est celui de Lisbonne

     C´est celui de Lisbonne

     Où des femmes portent le noir

     Et dans les caisses des guitares

     E a saudade qui résonne

     E a saudade qui résonne

     Sao loucas, sao loucas

     Sao loucas, sao loucas

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26 février 2005

Chère indifférence,

J'ourle ton c et lance tes f comme je me contredis à tout jamais.

Tu ne m'as pas convaincue ni enserrée. Je t'ai bien feinte, un peu pour provoquer, un peu pour oublier, mais bientôt tu m'as lâchée. Et j'ai choisi je ne sais comment ton ennemie, peut-être à cause de cette vie, mais elle m'est aussi dangereuse.

Il faut dire qu'on a du mal à te cerner. Es-tu un sentiment ou son contraire ? Peut-on te voir dans des yeux qui se ferment, un regard qui se détourne, t'entendre dans un silence, te sentir dans l'air glacé ? A t'on le droit de t'espérer, de t'appeler ?

Quoi qu'il en soit, j'aimerais faire ta connaissance. Pourquoi ne pas venir me visiter un des ces jours ? Je te laisserai me courtiser, m'enseigner un peu de néant, ou un peu d'oubli. Ce qui conviendra quand j'en aurai besoin.

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13 février 2005

"Créer, c'est vivre deux fois"

... y'a plus qu'à.

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09 janvier 2005

Noces

Y'a trop de feux rouges dans les grandes villes, j'ai préféré me mettre au vert

Je m'y vois, sans y croire vraiment. Je dois avoir si peur que quelqu'un meurt encore quand je suis en vacances, que je me réveille le coeur battant à cause du bruit des fêtards. Et quand je me rendors, je rêve qu'on veut me tuer pour ne pas que je parle...

Chaque élément dans la valise porte en lui une image rêvée d'autre chose. Les palmes ce sont des matins lumineux dans l'eau claire et tiède. Les livres, des fins d'après-midi calmes et solitaires, sur une terrasse. J'ai la soif des poumons asséchés par le manque de douceur. Besoin de me mettre au bleu turquoise pour remplacer le gris et le rouge sang.

Et de prendre l'air, un autre.

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01 janvier 2005

Light my way

Je ne connais pas les brumes du sommeil ce matin. Ai-je connu le sommeil cette nuit ? Le soleil se voile, et je comprends mieux. Je ne sais pas ce qu'attendent, ce que pensent les autres. Certains autres surtout. Je déteste ce regard.

Et ma solitude vient de là. Je me sens blessée trop vivement. Peut-être était-ce, est-ce un jeu, peut-être que c'est ma maudite fierté.

Pourquoi a-t'il dit que j'étais "solide" ? Il n'a rien compris, je ne suis pas sûre que grand-monde comprenne qui je suis en ce moment, que je ploie sous trop de peines, et que je risque de me briser, ou de briser autre chose.

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Oh so long, it's time that we began

Ce blog prend un ton affecté qui ne me plait pas du tout. Les choses s’imposent sans qu’on ait rien demandé. Les bilans, les résolutions.

La fin de l’année approchait, ce qui marquait cette année, c’était l’impression d’avoir grandi. « La croissance ne s’effectue pas du bas vers le haut, mais de l’intérieur vers l’extérieur », disait je ne sais plus qui. Je ne suis pas sûre que ce soit tout à fait ça, en partie sûrement. M'ouvrir à moi-même. Reconnaître, décider, apprécier. Sentir, aimer.

Je suis encore trop jeune, ou trop idéaliste, pour accepter certaines choses, pour ne plus croire, pour transpercer les peurs.

 

J’ai acquiescé quand on m’a suggéré que cette année avait été difficile. C’est pourtant la plus belle depuis des lustres.

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24 décembre 2004

Tout compte, tout compte fait...

Même la sueur et les larmes

Tout compte fait...

 

Retour aux livres, à la musique, à l'écriture, à soi.

L'humeur oscille entre la joie des surprises, des retrouvailles, et une certaine mélancolie, sur l'air de la Sonate au Clair de Lune, un des seuls morceaux que mes multiples profs de pianos aient réussi à me faire apprendre.

Gageons qu'il y aura des huîtres, une grande discussion sur les méfaits du tabac, un silence pesant sur le fait que je continue à fumer (et je m'aventurerai pas à défendre la sucette à cancer, bien que je n'en pense pas moins), et puis qu'il y aura au moins une ou deux personnes pour m'offrir de quoi me « monter en ménage » alors que j'ai tout ce qu'il me faut, et que je quitte mon appartement de toute façon.

Mais qu'importe, c'est Noël, et je profiterai de ma famille comme jamais.

Je ne pars qu'en rêve pour le moment, et cette ville me manque déjà. Cette vie en 2004. Je ne peux pas faire autrement, si on m'offre autre chose que l'incertain, je dirai oui. J'ai besoin d'évoluer. N'empêche que c'est agréable aussi de savoir que je vais manquer.

Ma solitude imaginaire est à la fois une prison et un refuge. J'en sortirai au moment voulu.

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23 décembre 2004

les vagues

Je me vois parfois obnubilée par ce voyage et mon avenir professionnel, projets sans lesquels j'aurais du mal à ne pas craquer, et je souris. Ces envies ne sont-elles pas celles de tout le monde ? Les miennes ont un sens particulier, forcément (je ne m'avouerais jamais « comme tout le monde »). Mais je connaissais une personne qui n'a jamais ou très peu travaillé, qui n'a du prendre l'avion que sous la contrainte, pour qui les voyages c'était surtout amener un membre de sa famille quelque part, qui n'a jamais eu de chéquier, de carte de retrait, de carte bleue, de porte monnaie, de téléphone, de télé, de machine à laver, de permis de conduire, qui était connu ici pour être un auto-stoppeur sans complexe. Qui envoyait 2 ou 3 cartes d'anniversaire à la fois, pour être sûr. Qui disait « on n'emporte rien ».

 

Je ne sais pas comment font les autres. Je pense à lui et mon cœur se serre quand je passe devant l'entrée de la quatre voie où je le déposais certains lundi matins, et quand je vois le panneau du village où il est enterré depuis 2 semaines, le village de mes grands parents. Je repense aux mots de mon père à l'église, et j'ai du mal à sortir de cette tristesse.

J'ai voulu offrir plus d' « attentions » cette année, car elle n'a épargné personne. Il manquera à Noël.

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05 décembre 2004

la pénombre des pays bas

le jour se lève...

pour la première fois

Comme il est doux de voir atterrir dans la réalité un projet auquel on osait à peine rêver. Il y a un peu plus de 4 ans, je me disais que ce serait l'idéal d'être ici, et j'imaginais cette douce fuite sous le soleil après les coups durs.

Tout en décrochant l'expo, j'ai laissé filer mes idées vers l'Ouest... et j'ai découvert tout le champ des possibles. Je cueillerais bien cette marguerite-là pour découvrir si la vie m'aime. 

Moi oui, en tout cas. Le soleil de décembre, et ses balades, et sa chaleur étaient inespérés, de même que le sentiment de n'être pas seule à comprendre le personnage. Les coups durs s'accumulent depuis fin septembre, mais je crois bien que j'ai retiré le couteau de la plaie.

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